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Brice Laccruche Alihanga : Le président Bongo est aux commandes

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Qu’en est-il de la situation économique et sociale, alors que l’opposant Jean Ping évoque les » pires turbulences » de l’histoire du pays ?

Ce qui est excessif est insignifiant’, disait Talleyrand à juste titre. En réalité, les réformes structurelles initiées en 2018 afin de rendre plus agile notre Etat en réduisant son train de vie, moderniser la fonction publique, ainsi que rétablir à moyen terme l’équilibre de nos comptes publics, commencent à porter leurs fruits. Notre objectif est de recréer les conditions d’une croissance vigoureuse, réellement créatrices d’emplois, ce qui est la grande priorité du président Ali Bongo Ondimba. Ces réformes, soutenues notamment par le FMI, sont comprises par une majorité de Gabonais. Les mouvements sociaux auxquels vous faites référence sont à la fois marginaux et le fait d’organisations très politisées.

Pouvez-vous détailler particulièrement la situation des finances publiques et les perspectives pour l’année 2019 ?

Il y a peu, la situation des finances publiques au Gabon était caractérisée par un niveau de dépense élevé avec une masse salariale hypertrophiée dans la fonction publique, une mobilisation des recettes insuffisante due à un système de recouvrement peu performant et un niveau d’endettement handicapant. C’est pourquoi nous avons lancé une série de réformes structurelles, soutenues par le FMI qui nous a accordés en juin 2017 un appui budgétaire de 642 millions de dollars sur une durée de trois ans . Conjugué, tout cela nous permet de tabler en 2019 sur un retour vigoureux de la croissance (5,5 % selon les prévisions du FMI). Cette reprise est due pour partie aux cycles économiques internationaux mais aussi aux premiers effets des réformes impulsées (économies budgétaires, optimisation des rentrées fiscales, amélioration de la productivité au sein de la fonction publique, restructuration de la dette…).

A quelles dérogation fait allusion le communiqué du FMI et quelles réformes cruciales attend il de vous ? Comment comptez-vous réduire les prêts improductifs évoqués par le FMI ?

La revue de notre dossier lors du conseil d’administration du FMI n’a relevé aucune difficulté. Les dérogations en question portent simplement sur deux critères techniques de gestion de la dette et d’accumulation des arriérés. Il s’agit en réalité, à l’avenir, d’harmoniser entre le FMI et nous le mode de calcul utilisé pour ces critères. S’agissant des prêts improductifs, ceux-ci sont concentrés pour l’essentiel dans les banques publiques. Des actions de liquidation sont en cours. Pour ceux, plus limités, qui se trouvent au sein des banques commerciales privées, leur réduction iront mécaniquement de pair avec le retour de la croissance et une évolution favorable de l’économie.

 

Comment se déroule la convalescence du président Bongo au Maroc suite à son AVC d’il y a deux mois ? Qu’est ce qui est prévu en cas d’incapacité temporaire ?

Le président Ali Bongo Ondimba va bien. Il a subi une épreuve difficile mais celle-ci est aujourd’hui derrière lui. Le fait que le chef de l’Etat ne soit pas au Gabon n’empêche nullement celui-ci de présider le pays, ni d’ailleurs les institutions gabonaises de fonctionner. Les conseils de ministres se tiennent, les décisions sont prises dans le strict respect de la Constitution et chaque jour le président travaille. C’est pourquoi parler même d »absence temporaire’ est un abus de langage. Le président Ali Bongo Ondimba est aux commandes du pays et la présidence de la République est en ordre de marche pour relayer efficacement ses instructions. Les décisions importantes qui seront prises prochainement finiront de vous en convaincre.

Source : Lesechos.fr

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