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Santé : tout savoir sur les politiques de lutte antitabac

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4,7 milliards de personnes, soit 63% de la population mondiale, sont protégées par des mesures telles que les mises en garde illustrées, les lieux publics non-fumeurs et d’autres encore. Mais l’épidémie mondiale du tabagisme continue à tuer plus de 7 millions de personnes par an.

19 juillet 2017 | Genève/New York – Le dernier Rapport de l’OMS sur l’épidémie mondiale de tabagisme, publié aujourd’hui conclut que davantage de pays ont mis en œuvre des politiques de lutte antitabac, allant des mises en garde illustrées sur les paquets aux zones non-fumeurs, en passant par des interdictions de la publicité.

Environ 4,7 milliards de personnes, soit 63% de la population mondiale, sont couvertes par au moins une mesure globale de lutte antitabac. Par rapport à 2007, quand seulement 1 milliard de personnes et 15% de la population étaient protégées, le chiffre a quadruplé. Les stratégies pour la mise en œuvre de ces politiques ont sauvé des millions de personnes d’une mort prématurée. Cependant, relève le rapport, l’industrie du tabac continue d’entraver les efforts des gouvernements pour appliquer pleinement les interventions qui sauvent des vies et permettent des économies.

«Dans le monde entier, les gouvernements ne doivent pas perdre de temps pour intégrer toutes les dispositions de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac dans leurs programmes et politiques nationaux de lutte contre le tabagisme», a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. «Ils doivent aussi prendre des mesures autoritaires contre le commerce illicite du tabac, qui aggrave exacerbe l’épidémie mondiale de tabagisme et sles conséquences aux niveaux sanitaire et socioéconomique.»

Le Dr Tedros ajoute: «En travaillant ensemble, les pays peuvent éviter que, chaque année, des millions de personnes meurent de maladies liées au tabagisme et ainsi économiser des milliards de dollars par an en dépenses de santé et en perte de productivité».

Aujourd’hui, 4,7 milliards de personnes sont protégées par au moins une mesure relative à une «meilleure pratique» figurant dans la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, soit 3,6 milliards de plus qu’en 2007 selon le rapport. C’est grâce aux l’intensification de l’action par les gouvernements qui ont redoublé d’efforts pour appliquer les mesures phares de la Convention-cadre qui a permis ce progrès a pu être enregistré.

«Un décès sur 10 dans le monde est dû au tabagisme, mais on peut changer cette situation grâce aux mesures de lutte MPOWER qui ont donné la preuve d’une grande efficacité», explique Michael R. Bloomberg, Ambassadeur mondial de l’OMS pour les maladies non transmissibles et fondateur de Bloomberg Philanthropies. Les progrès accomplis dans le monde, et mis en évidence dans ce rapport, montrent qu’il est possible pour les pays de renverser le cours des choses. Bloomberg Philanthropies sera heureux de travailler avec le Dr Ghebreyesus et de poursuivre la collaboration avec l’OMS.»

Le nouveau rapport, financé par Bloomberg Philanthropies, est axé sur la surveillance de la consommation du tabac et les politiques de prévention. Les auteurs constatent qu’un tiers des pays ont des systèmes complets de surveillance de la consommation du tabac. Si leur proportion a augmenté par rapport à 2007 (elle était d’un quart à l’époque), les gouvernements doivent néanmoins en faire plus pour donner la priorité à ce domaine de travail et le financer.

Même les pays aux ressources limitées peuvent surveiller la consommation du tabac et appliquer des politiques de prévention. En produisant des données sur les jeunes et les adultes, les pays peuvent ensuite promouvoir la santé, faire des économies sur les dépenses de santé et générer des recettes pour les services publics, indique le rapport. Il ajoute que le contrôle systématique des interférences de l’industrie du tabac dans l’élaboration des politiques gouvernementales protège la santé publique en mettant en lumière les tactiques de cette industrie, comme le fait d’exagérer son importance économique, de discréditer les faits scientifiques avérés et de recourir aux procédures judiciaires pour intimider les gouvernements.

«Les pays peuvent mieux protéger leurs citoyens, y compris les enfants, de l’industrie du tabac et de ses produits lorsqu’ils utilisent des systèmes de surveillance du tabac», affirme le Dr Douglas Bettcher, Directeur à l’OMS du Département Prévention des maladies non transmissibles (NCD).

«Les interférences de l’industrie du tabac dans les politiques publiques constituent un obstacle meurtrier au progrès de la santé et du développement dans de nombreux pays», déplore le Dr Bettcher. «Mais en contrôlant et en bloquant ces activités, nous pouvons sauver des vies et semer les graines d’un avenir durable pour tous.»

Autres constatations du Rapport de l’OMS sur l’épidémie mondiale de tabagisme 2017

43% de la population mondiale (3,2 milliards de personnes) sont couvertes par au moins 2 mesures MPOWER au plus haut niveau, soit près de 7 fois plus qu’en 2007;

8 pays, dont 5 à revenu faible ou intermédiaire, ont mis en place au moins 4 mesures MPOWER au plus haut niveau (Brésil, Irlande, Madagascar, Malte, Panama, République islamique d’Iran, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et Turquie);

Le Népal, l’Inde et les Philippines font partie des pays ayant mené des initiatives soutenues par l’OMS pour surveiller la consommation du tabac, puis appliquer des mesures pour protéger la population du tabagisme:

Avec plus de 7 millions de morts par an, la consommation de tabac est la première cause évitable de mortalité dans le monde. Ses coûts économiques sont également énormes, totalisant plus de 1400 milliards de dollars (US $)en dépenses de santé et perte de productivité.

Le Rapport de l’OMS sur l’épidémie mondiale de tabagisme est publié le 19 juillet 2017 en marge du Forum politique de haut niveau des Nations Unies pour le développement durable à New York.

La lutte antitabac est un élément essentiel du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Celui-ci comporte des cibles pour renforcer l’application de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac et pour réduire d’un tiers le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles, dont les maladies cardiovasculaires et pulmonaires, le cancer et le diabète. Le tabagisme est l’un des facteurs de risque les plus fréquents pour les maladies non transmissibles qui tuent 40 millions de personnes par an, soit 70% du total des décès dans le monde, dont 15 millions de personnes âgées de 30 à 69 ans. On observe plus de 80% de ces décès «prématurés» dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

 

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